Cohabitation entre chats

 

 

 

 

Faire cohabiter deux chats

 

Le chat est un animal dit territorial. Cela signifie qu'il ne se structure pas grâce aux relations sociales mais qu'il va plutôt organiser son cadre de vie de façon à le rendre apaisant.

Cette notion est difficile à comprendre car nous, les humains, sommes plutôt sociaux et, quelle que soit la richesse de notre lieu de vie, nous avons besoin d'échanger avec nos semblables.

Quand un chat a organisé son territoire, il ne voit pas d'un bon œil l'arrivée d'un congénère qu'il va considérer comme un intrus, un envahisseur.

Il n'est jamais sûr que le partage du lieu de vie soit un succès et certains chats vivent un inconfort permanent.

Nous vous proposons ici quelques principes qui vont vous faciliter la vie si ce partage est indispensable.

 

Les mâles castrés sont plus "sociaux"

En effet, même sans contrainte, il est possible d'observer des groupes de mâles, qui cohabitent. Dans ces groupes les chats castrés sont acceptés assez facilement.

Les groupes de femelles sont plus rares. Il s'agit le plus souvent de grand regroupement familiaux, au sein desquels les femelles reproductrices sont apparentées. Il s'instaure dans ces regroupements une collaboration pour l'élevage des petits. Dans ces groupes aussi les mâles castrés sont tolérés. Ils peuvent participer au maternage des petits.

 

Il est possible enfin d'observer de véritables amitiés entre chats. Ces amitiés poussent les chats à pratiquer ensemble des activités de chasse et d'exploration.

 

 

La cohabitation

Si le territoire n'est pas trop petit, plusieurs chats sont capables d'y vivre en harmonie, même s'ils n'entretiennent pas de relations affectueuses.

Pour réussir cela il faut pouvoir leur fournir un minimum.

Le plus important sera que pour chaque chat il existe une zone d'isolement. Il s'agit d'un petit refuge, clairement identifié par l'occupant comme étant une zone à lui qu'il n'est jamais obligé de partager.

C'est dans cette zone que vous verrez votre chat se réfugier et se reposer.

 

Il est maintenant admis, que même s'ils acceptent de partager une gamelle, les chats préfèrent avoir chacun la leur. Le repas en commun est possible mais il n'est pas souhaité.

Le bac d'élimination est aussi un lieu privé. Il est fréquemment écrit qu'il faut un bac par chat.

Dans une maison sans accès extérieur, à partir de trois chats il y a 75% de chance (ou risque) d'observer de la malpropreté. Nous parvenons à une quasi certitude à partir du quatrième chat.

 

Que faire et ne pas faire

Le résumé est simple. N'intervenez jamais. Le partage du territoire est complexe. Nous ne sommes pas capables d'aider les chats à le réaliser et le mieux est de laisser faire.

 Ce partage ne se fera pas autour d'un verre. Il est nécessaire que les chats expriment leur volonté et se menacent les uns les autres pour que les règles d'usages de la collocation soient établies.

Ces disputes sont indispensables et vous ne devez pas les empêcher car elles permettent d'établir les différentes zones.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui pose problème

 

Ce partage est parfois difficile. Certains chats n'opposent aucune résistance et ils ne participent pas au conflit. Pour l'observateur ils semblent gentils mais ce sont des causeurs de désordres. Il est indispensable que chaque chat s'impose sur une partie de la zone à partager.

Attention nous n'avons pas la même notion de partage territorial. Une même zone peut être successivement occupée par deux chats, à des heures différentes et si leur état émotionnel le permet. Pour cette raison gardez vous d'intervenir même si vous croyez que tel ou tel chat est un perturbateur.

 

Envahisseur et résident

Dans tous les groupes, l'envahisseur possède un avantage. Il lui suffit de s'adapter pour réussir. Le résident lui reste forcément sur la défensive et semble hostile. Nous entendons souvent des clients décrire leur propre chat comme agressif face à un malheureux venu de l'extérieur qui lui semble bien gentil. Quand dans un couple un troisième arrive, il a beau être conciliant et gentil, c'est toujours lui le responsable des conflits.

De la même façon, nous pouvons souligner que ce n'est pas parce que votre chat s'entendait bien avec le petit chaton nouveau venu qu'il appréciera cet individu une fois devenu adulte.

 

Quelles aident pouvez vous trouver ?

Si vos deux chats ne s'entendent pas il n'est pourtant pas question d'en éliminer un! Maintenant qu'ils sont là il faut que nous parvenions à leur faire partager l'espace.

Dans les conflits entre chats il est classique de distinguer trois phases :

Le phase de distanciation, qui est une phase normale durant laquelle chaque chat va exprimer sa volonté d'occuper telle ou telle place. Cette phase est généralement bruyante et démonstrative mais elle est normale.

La phase des escarmouches au cours de laquelle les chats ne parvenant pas à s'accorder sur une zone vont se battre ou du moins se menacer fortement. Dans cette phase des blessures commencent à survenir et il est grand temps de demander de l'aide.

La phase d'obnubilation qui souvent la phase où les propriétaires viennent consulter. Dans cette phase il existe habituellement un chat actif qui se place en mode surveillance de l'autre chat qui lui est passif. Ce passif qui semble gentil ne sort plus d'une zone où il est cantonné par son ennemi. Les deux chats sont anxieux et l'évolution est rarement favorable. A ce stade l'intervention d'un vétérinaire est indispensable car les deux chats sont malades.

 

Dans les premières phases il est possible de favoriser le partage territorial. Nous avons souligné la nécessité de ne pas intervenir. L'utilisation de diffuseur de phéromones peut faciliter le partage. On utilisera les diffuseurs de Feliway ® en prenant soin de respecter la dose de un diffuseur pour 50 mètres carrés.

Récemment sur le marché un nouveau diffuseur de Feliway Friends a été développé à cet  usage. Il ne nous est pas encore possible de vous donner des commentaires sur ce produit nouveau mais les publi-informations dont nous disposons semblent prometteuses.

 

L'utilisation de Zylkene ®, à condition de respecter une dose minimale de 15 mg/kg et une durée de plusieurs mois, peut aider à résoudre des problèmes complexes. Les deux chats doivent être traités.

 

Si ces produits ne permettent pas à vos chats de trouver une solution, vous devez penser à une consultation de comportement. Il est possible qu'une affection empêche un des chats de se comporter normalement. Il est bien rare que nous ne trouvions pas un moyen de parvenir à un équilibre.

 

Conclusion

 

Le partage territorial est une épreuve complexe pour les chats. Eux seuls savent ce qu'ils veulent obtenir et vous ne devez pas essayer d'imposer une justice qui serait la votre.

L'utilisation de diffuseurs ou d'anxiolytiques légers peut  aider vos chats à un partage plus ou moins harmonieux.

Si cela ne suffit pas vous ne risquez rien à venir nous en parler et nous validerons ensemble la nécessité d'une consultation.

 

Petite précision qui semble inutile et pourtant…

Quand vos deux chats auront réussi à partage votre maison et ne se disputerons plus, évitez de craquer pour un troisième, même très beau, même très malheureux.